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Les villes en campagne

Commune : Cholet

Département : Maine-et-Loire (49)

Cholet : comme dans un mouchoir... ?
 

Tout s'était joué dans un mouchoir en 1995 : au second tour, 148 voix séparaient l'équipe qui allait prendre le relais de Maurice Ligot et une liste de gauche démarquée des partis. Recours ici, crises à répétition là : Cholet voudrait que 2001 marque le temps de la clarification nécessaire. Et de la sérénité recouvrée.

En 1995, la succession de Maurice Ligot avait aiguisé les appétits. Trois des cinq listes en compétition se réclamaient de la droite. Le partant, toujours député UDF, avait fini par donner son label - sans enthousiasme - à l'équipe qu'animait son ancien directeur de cabinet, Gilles Bourdouleix. Et celui-ci l'avait emporté devant une liste dont le leader s'était complètement affranchi de la tutelle des partis : Jean-Pierre Bougnoux venait de quitter le PS et s'était bien gardé de prendre des membres du PCF sur sa liste. En espérant jouer au Jean Monnier choletais.
Des crises à répétition.
Une victoire trop courte pour que la justice ne soit pas saisie : il a fallu attendre un an et demi la confirmation. Un an et demi et une équipe condamnée... à faire du surplace. Mais pas sans à-coups. Certains adjoints ont même fini par se désolidariser des méthodes jugées trop autoritaires du maire. La goutte d'eau ? Lorsque l'ancienne mairie est devenue brasserie, certains ont estimé que la façon dont le marché avait été attribué avait des relents de copinage. Et plusieurs adjoints ont voulu faire sécession. " Des putschistes manipulés qui cherchaient un prétexte... ", balaie Gilles Bourdouleix, persuadé que Maurice Ligot est derrière tout ça." Des caricatures me représentaient en marionnette aux mains de Maurice Ligot : certains ont été surpris que je refuse d'être mis sous tutelle. " Marginalisés, les dissidents avaient fini par démissionner. La droite n'a pas eu le monopole des crises à répétition. A gauche aussi, des rivalités se sont exacerbées. Certains colistiers de Jean-Pierre Bougnoux lui ont vite reproché de transformer le débat d'idées en affrontement personnel avec le maire. D'un scrutin à l'autre, un leader-bis a fini par émerger : le socialiste Antoine Mouly, devenu conseiller général, a ainsi sérieusement menacé Maurice Ligot aux dernières législatives à Cholet. D'où la scission du printemps dernier : l'opposition s'est partagée entre un groupe Bougnoux et un groupe Mouly.
Une énigme.
Et nous voici en 2001. Gilles Bourdouleix veut confirmer l'essai de 1995 en affichant l'image d'une équipe apaisée, prête à passer la surmultipliée sur fond de paysage politique qu'il voudrait enfin clarifié : n'a-t-il pas réussi à décrocher l'appui de l'UDF (et de l'opposition nationale) malgré Maurice Ligot ? La gauche, officielle et plurielle cette fois, s'apprêtait à se mobiliser derrière Antoine Mouly, mais son leader s'est trouvé promu directeur de la Banque de France de Dreux, l'an passé. Qu'à cela ne tienne ! Annie Dabin, élue en 1995 puis démissionnaire notamment pour échapper à la crise, a repris du service. " Quand je me lance, dit-elle,il faut que ce soit à fond. " Et son équipe inclut tous les courants, jusqu'à réinstaller en queue de liste des figures comme Emile Coutolleau, acteur tutélaire du PS choletais, et Jean-Paul Gouraud, qui incarne le PCF depuis plusieurs générations.
Reste l'énigme Régis Guyot. Préfet en disponibilité, il est arrivé à Cholet à la mi-2000 avec le pari de mettre tout le monde d'accord. Parachutage ? Il revendique un stage de six mois à la mairie de Cholet voilà un quart de siècle : jeune énarque, le petit Parisien découvrait alors la richesse du tissu relationnel d'une petite ville en pleine affaire Perrier, le Lip des Choletais. Des travaux pratiques "fondateurs" pour le futur préfet, des amitiés bien ancrées et, aujourd'hui, la force de persuasion de Maurice Ligot, toujours là : Régis Guyot se pose en rassembleur à la tête d'"une liste d'union" aux sensibilités multiples, qui regroupe aussi tous les déçus ou les exclus des dernières années, les anciens adjoints de Gilles Bourdouleix aussi bien que Jean-Pierre Bougnoux et ses amis de "gauche". Liste centriste ? Une coalition plutôt... centrale, avec la conviction que le vrai modernisme, aujourd'hui, c'est de dépasser la logique droite-gauche. " Pas une coalition, non, mais une refondation. Sans esprit de revanche. Nos différences politiques nous rendent complémentaires. Et donnent cohérence à notre projet. "
Une plus grande cohérence ? C'est ce que les Choletais attendent. Le tout est de savoir où ils estimeront la trouver à coup sûr.

Alain MACHEFER,
avec la rédaction de Cholet.

Chaque jour sur Internet : http ://www. maville.com
Les résultats de 1995 :
1er tour. Gilles Bourdouleix, UDF-RPR, investiture départementale, 32,97%. Jean-Pierre Bougnoux, PS-Verts, 29,07%. Xavier Coiffard, UDF-RPR, investiture nationale, 21,11%. Jean-Paul Gouraud, PC, 8,89%. Armel Pécheul, RPR dissident, 7,96%. 2e tour. Gilles Bourdouleix, 50,35%. Jean-Pierre Bougnoux, 49,65%.


 

le : Date
Profusion de listes.

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