Vendredi 23 février 2001

Le Parti blanc tient sa promesse
Caen

D'aucuns pensaient qu'il n'irait pas au bout : le tout jeune Parti blanc, créé à Caen, est bien arrivé à constituer pour les municipales une liste ; qui ne donnera aucune consigne de vote pour le second tour et dont les éventuels élus démissionneraient aussitôt. « On veut simplement que le vote blanc soit reconnu. »

Blaise Hersent-Lechatreux, Caennais de 30 ans, a le sourire en présentant la liste de son Parti blanc... devant l'hôtel de ville qu'il ne convoite pourtant nullement : « Apparus pour la première fois, mais de façon encore sommaire, à Caen lors du référendum de septembre dernier sur le quinquennat, nous avons réussi, comme promis, à faire cadeau aux électeurs caennais d'une liste faisant fonction de vote blanc à ces municipales. Notre détermination à faire reconnaître le vote blanc, comme par exemple en Suède, moyen d'expression à part entière n'est pas une fantaisie ».

« Pour nous, l'abstention est moralement condamnable (surtout quand on pense que des peuples sont privés du droit de vote) mais confondre dans le décompte les votes blancs et les votes nuls, laisser le vote blanc dans un no man's land entre abstention et suffrage exprimé, n'est pas normal. Voter blanc est un vote, de désaccord, de mécontentement ou d'indifférence, mais un vote. Et, dans le contexte politique local actuel, il y a sans doute une place, au moins au premier tour, pour proposer aux citoyens caennais une alternative à l'abstention... Qui sonnera peut-être comme un avertissement pour les têtes des deux principales listes. »

« Pas dépolitisés »

La liste, à la moyenne d'âge jeune (32 ans) et strictement paritaire hommes/femmes, n'a pas de gros moyens ; chacun a mis de sa poche pour réunir 30 000 F, afin de « faire une campagne qui ne sera pas de propagande, mais d'information sur le vote blanc ». Créditée de 4 % lors d'un récent sondage, elle pense faire « nettement plus » le 11 mars. Mais pour le cas, très éventuel, où elle aurait un (des) élus(s), « on s'engage à démissionner aussitôt : nous allons déposer nos lettres de démission ces jours-ci chez un huissier ».

Très optimiste, Blaise Hersent-Lechatreux envisage une audience nationale ensuite pour son parti, après son « coup » à Caen. Nullement dépolitisé, il confie que lui-même votera pour sa liste au premier tour, mais « pour le candidat me semblant le mieux à même de gérer la ville au second tour. Être pour le vote blanc n'implique nullement de ne pas avoir d'idées politiques, au contraire ».

Pratique. Des membres de la liste tiennent une permanence tous les jours, de 18 h à 20 h, au bar « L'Esplanade », près de la Tour Leroy.


 
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