Mardi 20 mars 2001

Deux claques pour Charles
Landivisiau

A Landivisiau, Charles Miossec a doublement été désavoué. Aux municipales, son poulain a fait faux bond. Aux cantonales, c'est la gauche qui franchit l'obstacle.

Charles Miossec, maire depuis 18 ans, avait souhaité passer la main. En charge de l'héritage « Miossec », son dauphin, Philippe Le Roux, premier adjoint, conseiller régional et président de la communauté de communes du pays de Landivisiau. En janvier, au moment de la présentation de la liste Le Roux, Charles déclarait : « C'est avec joie que j'annoncerai votre succès au soir du 11 mars. » Emballé c'était déjà pesé d'avance. Mais les Landivisiens ont modifié le scénario idéal d'un film signé Miossec. Un comble pour ce passionné de cinéma amateur. Premier coup de semonce il y a une semaine. Le dauphin prend l'eau en arrivant en troisième position (31,87 %) derrière la candidate socialiste Clotilde Dubroeucq (32,64 %). En haut de l'affiche (avec 35,50 %), le trublion Georges Tigréat... adjoint aux finances de Charles Miossec. Ce dernier avait peu goûté l'annonce de la candidature de Georges Tigréat. Et le fait savoir une semaine avant le scrutin en retirant les délégations de son adjoint.

Second épisode dimanche. Second coup de grisou également pour Charles Miossec. Georges Tigréat arrive en tête (43,06 %), Clotilde Dubroeucq en seconde position (31,89 %) et Philippe Le Roux (qui avait décidé de se maintenir) se place au dernier rang avec 25,05 %. Certes, Landivisiau demeure ancrée à droite mais les électeurs ont désigné un « dissident ». Ils n'ont pas suivi l'héritier. 18 années de règne Miossec rangées au placard de la politique. Georges Tigréat savoure, sans forfanterie. « C'est très agréable » déclare-t-il avant d'ajouter que cela représente « beaucoup de boulot ». L'assureur rassure les Landivisiens : « Je ne serais peut-être pas un grand maire (en réponse à Charles Miossec qui déclarait dimanche soir que son dauphin aurait pu l'être, lui !) mais un maire efficace. »

« J'étais bien présent ! »

De son côté, Philippe Le Roux cache sa déception derrière un flegme très britannique. « J'ai perdu avec l'honneur et la cohérence de mes idées, c'est mieux que de gagner sur autre chose. J'ai perdu un combat d'idées, je ne tiens pas à en faire une défaite personnelle. » Dimanche soir en mairie, certains quêtaient la présence du candidat. En vain. Ils en ont donc conclu à son absence. Pas du tout, rétorque Philippe Le Roux. « J'étais bien présent! clame-t-il. Mais contrairement à certains, je ne me livre pas en spectacle. » A gauche, Clotilde Dubroeucq n'est pas « amère, c'est un très bon score malgré tout ». Avec cinq élus, elle compte mener « une opposition constructive ».

Du côté des cantonales, le scénario cauchemardesque pour Charles Miossec se répète. L'ancien président du conseil général est une nouvelle fois désavoué. Son second poulain, François Prigent, adjoint aux travaux, a été battu par Clotilde Dubroeucq. Au premier tour, le candidat de droite devançait la socialiste de 25 petites voix sur la commune-phare et de 175 sur l'ensemble du canton. Au second tour, François Prigent, par ailleurs président de plusieurs syndicats intercommunaux, est battu de 574 voix. Là encore, les électeurs ont manifesté leur volonté de changement. Un nouveau revers pour Charles Miossec qui, le lendemain du scrutin, s'est fait discret. Le temps, sans doute, de digérer une double défaite.


Jean-Marc PINSON.

 
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