Jeudi 22 mars 2001

La gauche plurielle est mise à l'épreuve
Alors que les communistes polémiquent après le scrutin

Les ténors socialistes ont déjeuné à Matignon, hier, pour réfléchir à l'avenir après l'échec des municipales. La fédération PS du Calvados est « convoquée » à Paris. Au Parti communiste, certains réclament le départ de Robert Hue. Tourmente au sein de la gauche plurielle.

Comment bâtir une alliance entre les classes populaires et les classes moyennes ? Comment donner aux premières sans déplaire aux secondes ? Existe-t-il encore une gauche plurielle ? Jean-Pierre Chevènement a répondu, hier, à ces questions sans ménager qui que ce soit. Pour le président du MDC, c'est clair, « les municipales sont un coup de semonce sévère. La gauche plurielle est une formule épuisée et les aspirations populaires en matière de pouvoir d'achat, de sécurité et de mieux vivre ne sont pas assez prises en compte ».

Ce point de vue est partagé aussi bien chez des modérés comme Pierre Mauroy et Raymond Forni que chez les tenants d'une gauche plus musclée comme Henri Emmanuelli, Jean-Luc Mélenchon, Julien Dray. Même l'ancien ministre des Finances, Dominique Strauss-Kahn, rappelle « qu'un bon bilan ne suffit pas » qu'il « faut avoir aussi un bon projet »<:b>. Le premier secrétaire du PS François Hollande, bien esseulé, juge quant à lui « que les élections ne sont pas une sanction pour le gouvernement » et « que le cap est bon ». La direction du PS semble vouloir également s'attaquer aux dysfonctionnements de la campagne électorale.

Le PS du Calvados convoqué

« qui ont eu des résultats particulièrement mauvais en raison de leurs divisions ».

Mais c'est au Parti communiste que la controverse tourne le plus volontiers au règlement de comptes. La charge la plus féroce est l'oeuvre du député communiste « orthodoxe » du Nord, Georges Hage qui condamne la « fuite en avant liquidatrice » organisée par une direction « inféodée à la social démocratie ». « Se dérobant à son autocritique, Robert Hue voudrait aujourd'hui cacher le désaveu qui frappe sa politique », souligne également le parlementaire dans un style qui rappelle la grande époque. Le député réclame la démission des ministres communistes et propose d'organiser des « retrouvailles dans le but de fédérer l'alternative ». Alors que le député PCF de l'Oise Patrice Carvalho lance un définitif « qu'il s'en aille », André Lajoinie, un vieux de la vieille, refuse de faire de Robert Hue un « bouc émissaire ». Quant aux plus médiatiques parmi les proches du secrétaire national, Jean-Claude Gayssot et Marie-George Buffet, ils affirment qu'il faut aujourd'hui « aller plus loin dans la mutation » engagée. Le prochain conseil national, les 31 mars et 1er avril, risque d'être animé. Tout comme le sommet de la gauche plurielle qui devrait se tenir prochainement.


 
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