Vendredi 23 mars 2001

PCF : un pas vers le pluralisme interne
Pour Paul Lespagnol pas d’autre solution que la refondation

Le Rennais Paul Lespagnol, membre du collège exécutif du Parti communiste, ne s’attendait pas à un tel revers aux municipales. Ce fidèle de Robert Hue affirme néanmoins qu’il faut poursuivre la refondation et que « virer » le patron ne servirait à rien. Les « courants » pourraient bientôt être admis au sein du Parti.

Vous avez essuyé une grave défaite aux municipales. Ce scénario avait-il été envisagé par la direction du PCF ?

Comment analysez-vous ce nouveau revers ?

C’est un mauvais résultat, inquiétant pour le PCF. Avec un bémol. On a dit que c’était la fin du communisme municipal et rural. On a perdu quatre cantons dans l’Allier avec quelques voix d’écart, ce n’est pas une Berezina. Dans les Côtes-d’Armor, on perd des cantons mais on a gagné Rostrenen et le canton de Collinée. Je dirais plutôt que c’est la fin d’une certaine forme de communisme municipal. Nous sommes passés à une autre étape qui implique de déléguer et de dialoguer.

Vous avez perdu beaucoup de militants ces dernières années ?

La perte de militants a accompagné notre érosion électorale. Ce problème a été au centre des débats au congrès de Martigues et nous a conduits, bien avant les municipales, à prévoir un nouveau congrès à l’automne. Par ailleurs, un des points à l’ordre du jour du conseil national en fin de mois, est la mise en œuvre de nouveaux statuts qui changent radicalement le fonctionnement et les structures du PCF.

Nombre de communistes s’expriment pour réclamer le départ de Robert Hue, estimant que le dialogue est inexistant à l’intérieur du Parti.

Allons ! Il y a un débat, une confrontation depuis plusieurs années. Je pense que les demandes de démission de Robert Hue sont un phénomène extrêmement marginal. Personne, au collège exécutif ne l’a demandée. S’il suffisait d’éjecter Robert Hue pour régler les problèmes de fond auxquels est confronté le PCF !

Néanmoins, l’expression des courants n’a jamais été acquise ?

Nous sommes ici au cœur des débats sur les nouveaux statuts. La question posée par ceux « qui veulent se compter » sera proposée aux communistes.

Vous voulez dire qu’une reconnaissance des courants pourrait être avalisée ?

Parmi les propositions qui seront faites en fin de mois il y aura la possibilité pour chacun des courants de présenter ses propositions et ses listes de candidats aux élections. Mais cela ne veut pas dire que ces propositions seront retenues en conseil national.

Que pensez-vous de la progression des Verts aux municipales ? Et de leur désir de devenir le partenaire privilégié du PS ?

Les Verts progressent, je m’en réjouis. Mais le PCF et le PS s’affaiblissent et ça m’inquiète. Quant à savoir qui devrait être le premier ou le second, je crois que l’idée d’hégémonie ne devrait pas faire partie du vocabulaire de la gauche plurielle.

Certains disent le PCF moribond.

Aucun parti n’est éternel. On l’a cru pourtant. Mais je fais partie de ceux qui disent que le PCF a un avenir débarrassé de ses scories et se revivifiant à partir de ce qu’il a fait de bien.

Les chantiers les plus urgents ?

Il existe un courant antilibéral qui ne se retrouve pas dans les urnes. Nous sommes en phase avec ce courant. Notre défi est de le faire peser dans le champ politique. Et puis, concrètement, on va aller vers cent quartiers populaires pour discuter.


Jacques ROUIL.

 
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