Lundi 26 mars 2001

Caen : B. Le Brethon prend les rênes
Première femme à la tête d'une grande ville de l'Ouest

Brigitte Le Brethon, 50 ans, est devenue, hier, la pre- mière femme maire d'une grande ville de l'Ouest. Opiniâtre, cette bosseuse est entrée à l'Abbaye-aux-Hommes, l'historique hôtel de ville de Caen, au terme d'un parcours sans faute.

« Enthousiasme, détermination, imagination, proximité, modestie » ont été, dimanche matin, quelques-uns des mots clés du premier discours de maire de Brigitte Le Brethon. Qui a quand même précisé : « Je ne suis pas une adepte du consensus mou. » « BLB », comme on la surnomme, a beau avoir gommé avec un certain succès la réputation de raideur qui la suivait, elle reste une femme de caractère.

Il en a fallu à cette tout juste quinquagénaire pour devenir la « première dame » de Caen. Il y a encore six mois, d'aucuns se gaussaient d'elle, notamment à l'UDF. Mais quand on choisit la coccinelle ­ cette bête à l'air gentil est en fait très opiniâtre ­ comme emblème, c'est que l'on en veut.

Avoir été recueillie à l'âge de trois jours et élevée par une famille autre que la sienne est peut-être une des clés de ce caractère bien trempé. Et de son attention aux autres : « Autant elle peut être parfois autoritaire, autant elle peut passer deux heures à écouter une personne en difficulté », dit un de ses collègues. Ce qu'elle a beaucoup fait dans la municipalité sortante (UDF-RPR), où elle était maire-adjointe aux Affaires sociales.

Un caractère

En 1985, cette célibataire hyperactive avait arraché un canton ancré à gauche, et l'avait conservé en 1991, avant de se faire élire au Conseil régional, qui siège à l'Abbaye-aux-Dames de Caen. De là à dire que c'est le président de la Région, René Garrec (DL), qui a piloté sa vice-présidente pour la faire atterrir à l'Abbaye-aux-Hommes, plus d'un a franchi le pas...

Ce n'est sans doute pas totalement faux. Mais cela n'aurait pas suffi sans... un adversaire usé (Louis Mexandeau, PS) ; et sans la volonté de cette agrégée d'économie, « gaulliste de toujours », qui sait labourer le terrain dans les résidences de personnes âgées comme dans les clubs sportifs, qui marche, vivement, à l'intuition.

Demeurent des questions que l'on se pose encore à la mairie : « Saura-t-elle travailler en groupe, déléguer ; travailler avec ceux qui ne sont pas de son bord, voire de son parti ? Aura-t-elle une vision globale d'avenir pour faire décoller une ville trop calme et relancer une agglomération en panne ? ». Dimanche, son propos était justement de dire : « Je ne suis pas celle que l'on dit parfois »...


Didier MARIE.

 
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