Dimanche 25 mars 2001

Hérouville : l'UDF à la barre
À 38 ans, Rodolphe Thomas devient maire d'Hérouville-Saint-Clair.



« Après 30 années sans alternance, tout le monde s'inquiète. Qu'on arrête de dire qu'on va licencier, ou fermer telle institution. Donnez-nous du temps », déclare d'emblée Rodolphe Thomas (UDF), 38 ans, élu samedi maire d'Hérouville-Saint-Clair (25 000 habitants). La gauche tenait la cité depuis 1971. Cette élection n'a rien d'une surprise. Plus surprenante est la candidature au poste de maire d'un colisitier de Rodolphe Thomas, Jean-François Ali. « Nous avons, précise-t-il, gagné sur le thème de l'apolitisme. Notre victoire est confisquée par les appareils politiques. » Cela n'a guère pesé sur les résultats : 23 voix pour Rodolphe Thomas, sept pour Jangui Lecarpentier (PS), deux pour Jean-François Ali et trois blancs. Cette première fracture, même rapidement réduite, laisse peser quelques interrogations sur l'homogénéité de la majorité municipale. L'élection s'est déroulée dans une salle archicomble où un applaudimètre aurait difficilement départagé les supporters de droite et de gauche. Au nom du - tout nouveau - collectif « Touche pas à Hérouville », qui entend défendre les acquis de gauche, deux à trois cents personnes s'étaient auparavant rassemblées devant la mairie. D'abord lourde, l'atmosphère de l'élection s'est peu à peu détendue au fil de la désignation des neuf adjoints.

Premier maire adjoint sortant Jangui Lecarpentier a mis les points sur les I : « Rodolphe Thomas a été le candidat de la promesse facile. Il pourrait bien être le maire de la déception après sa campagne de marchand de rêve. Nous n'abandonnerons pas les Hérouvillais et nous rendrons la ville à la gauche. » Réplique sans concession de Rodolphe Thomas : « Notre victoire traduit le rejet de la politique actuelle par la population hérouvillaise. Il faut respecter ce vote et ne pas dresser une partie de la population contre l'autre. »


Jean-Pierre BEUVE.

 
Retour