Lundi 26 mars 2001

Un engagement qui vient de loin
Pierrick Massiot, premier adjoint à Rennes

Pierrick Massiot, 53 ans, 2 enfants, a été élu samedi premier adjoint de la Ville de Rennes tout en gardant les finances. Homme de convictions et de rigueur, le numéro deux de la municipalité a un parcours « atypique ».

« Je suis le canard bizarre de la couvée » se laisse à dire Pierrick Massiot quand on lui demande de raconter son parcours. À l'entendre brasser des chiffres, jongler entre les taux de fiscalité, on croirait l'homme tout droit sorti d'une brillante école d'expert-comptable. Ce n'est pas le cas et Pierrick Massiot est à certains égards atypique.

Fils de commerçants morbihannais, Pierrick Massiot est né à Josselin. Après avoir passé une licence de philosophie en 1970 ; il est allé vivre une année au Chili. « C'était au temps de l'Unité populaire. Pour la première fois, un gouvernement marxiste était élu démocratiquement. J'ai passé six mois à Santiago, je me suis lié d'amitié avec les Quilapayun ». En 1973, Allende est renversé par Pinochet. Depuis un an, Pierrick Massiot est revenu en France pour faire son service et créer une entreprise de pulls marins bretons. Entre 1977 et 1979, celle-ci devient une coopérative ouvrière de production à Laillé. Pierrick Massiot en fait aussi le sujet d'une maîtrise de sociologie.

1977-1979 : c'est l'époque de l'autogestion. La coopérative ouvrière intéresse Edmond Hervé. C'est comme ça que les deux hommes se rencontrent et s'apprécient. Deux hommes de dossiers, de rigueur, de convictions : ils sont faits pour s'entendre. En 1980, Pierrick Massiot crée une autre entreprise, dans l'immobilier.

La politique ? Adhérent au PS depuis 1977, Pierrick Massiot goûte aux cantonales à Malestroit (20 %). Revenu à Rennes avec son épouse, il est élu conseiller municipal en 1989, adjoint aux finances en 1995, prend aussi le logement en 1997 et devient ainsi élu à plein temps, lâchant progressivement son entreprise. Directeur de campagne d'Edmond Hervé, il débute par l'échec des législatives de 1993.

Premier adjoint ? « Je vois cette fonction comme une coordination pour mettre en oeuvre ce qui a été engagé ». Ce qui lui importe le plus ? « Les dossiers. On est dans le principe de réalité ; pas dans le fantasme ». A-t-il d'autres ambitions ? Maire un jour ? Pierrick Massiot assure que « sa seule ambition, c'est pour la ville et l'agglomération pour laquelle je vais m'investir. Et puis la question ne se pose pas. Edmond Hervé a 58 ans. Je suis très heureux d'être à ses côtés. C'est quelqu'un qui a une vision de la ville. Et puis, vous savez, il délègue beaucoup, contrairement à ce qu'on peut croire ».

Peut-on discuter avec Pierrick Massiot aux interventions parfois vigoureuses ? « Vous savez, je suis partisan du dialogue. Mais d'un vrai dialogue lié à la confrontation. Ses idées, on se les forge puis on les confronte aux autres. Je cherche simplement à convaincre ». Ce qui implique d'aller au delà des apparences. Quitte aussi à passer pour un « ringard ». Mais il assume et aime citer ce mot de Prévert comme lors du dernier débat budgétaire : « Être dans le vent, c'est avoir un destin de feuilles mortes ».


 
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