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Agé de 38 ans, Rodolphe Thomas (UDF) est le nouveau maire d'Hérouville-Saint-Clair. Il est entouré de neuf adjoints, dont quatre femmes.
Dans salle du conseil municipal archicomble, où Magali Lefrançois, conseiller général, brandit une rose rouge, le maire sortant, François Geindre (PS), fait samedi matin son entrée, suivi de ses collaborateurs. Salve d'applaudissements. « Je ne ferai pas de déclaration. Il appartient à ceux qui étaient candidats de dire ce qu'ils ont à dire. » Puis François Geindre donne la liste des nouveaux élus. Oubli volontaire ou non, Serge Lézement n'est pas mentionné. « Au revoir », conclut le maire sortant qui, quittant les lieux, embrasse Jangui Lecarpentier.
« Volonté de changement »
Il appartient au doyen, en l'occurrence une doyenne, Yvonne Lucas, de faire procéder à l'élection du maire. « Je salue tous ceux, ils sont nombreux, qui siègent pour la première fois. L'élection traduit la volonté d'un changement exprimé un peu partout en France. Il ne faut pas oublier tous ceux qui ont travaillé dans le respect de la parole et des opinions de chacun. Je souhaite qu'il en soit toujours ainsi. »
Candidat au poste de maire, Jangui Lecarpentier (PS) attaque d'emblée : « Monsieur Thomas, parce que vous ne comptiez pas gagner, vous avez été le candidat de la promesse facile. Je crains que vous ne soyez le maire de la déception profonde car vous avez été un marchand de rêve. » Évoquant un tract de l'opposition sur les emplois-ville, lors du premier tour, Jangui Lecarpentier s'interroge sur la régularité de ce document. « Reprenant le refrain des libéraux, ajoute le premier adjoint sortant, vous vous êtes engagé à baisser les impôts. Comment dans le même temps, maintiendrez-vous les grandes politiques de la ville : éducation, temps de l'enfant, vie associative, Internet citoyen. Nous vous verrons à l'oeuvre. Nous, nous n'abandonnerons pas les habitants et nous rendrons Hérouville à la gauche. » Vague d'applaudissements.
Réplique immédiate de Rodolphe Thomas : « S'agissant du document incriminé, il n'a pas été falsifié. Il appartient à la justice de trancher. Notre élection traduit le ras-le-bol des Hérouvillais face à la politique actuelle : c'est le changement auquel la population aspirait. Il faut respecter le suffrage sans dresser une partie de la population contre l'autre. Moi aussi, j'en ai pris plein la figure. C'est le jeu politique en campagne électorale. Mais qu'on arrête de véhiculer des propos aberrants comme la fermeture d'Hérouville-jeunes. Maintenant nous allons mettre en place le bureau municipal. » La vague d'applaudissements qui suit n'a rien à envier à celle de gauche.
« Victoire confisquée »
Première et unique surprise de ce scrutin : la candidature au poste de maire de Jean-François Ali, colistier de Rodoplphe Thomas. Regrettant que le débat entre les deux têtes de liste n'ait pas eu lieu entre les deux tours, Jean-François Ali justifie sa candidature : « Notre liste ne portait pas de drapeau, elle était apolitique. Certains membres de notre équipe sont de gauche. Nous avons mené campagne sur le thème de l'apolitisme. Mais depuis dimanche, notre victoire est confisquée par les appareils politiques. »
Cette candidature surprise, qui laisse peser quelques interrogations sur l'homogénéité de l'équipe élue, n'a guère de répercussions. Rodolphe Thomas obtient 23 des 26 voix de son groupe, Jean-François Ali se contente de deux voix. Jangui Le Carpentier a les sept voix de gauche et les blancs sont au nombre de trois : les deux MDC et vraisemblablement un bulletin de l'équipe Thomas.
Première déclaration du nouveau maire : « Après trente ans sans alternance, tout le monde s'inquiète. Laissez-nous du temps. Mais qu'on arrête de dire qu'on va licencier ou fermer tel organisme. Moi, Rodolphe Thomas, je dis solennellement au personnel communal qu'il n'a rien à craindre. »
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